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Lettre Spéciale : Le défi des maladies infectieuses à l'Institut Pasteur Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Lire également la Lettre trimestrielle d'information n°61.

Les maladies infectieuses, dues à des virus, des bactéries, des parasites ou des champignons, tuent plus de 14 millions de personnes chaque année dans le monde. Le sida, la tuberculose et le paludisme sont responsables à eux seuls de plus de la moitié de ces décès.

La propagation des maladies infectieuses est ainsi l’un des sujets les plus préoccupants pour la planète. Elles représentent aussi un des risques sanitaires majeurs en voyage.
Au-delà des tragédies humaines qu’elles provoquent, ces maladies déstabilisent, voire aggravent la situation économique des pays touchés, en particulier les pays à faible revenu.

La mondialisation des maladies infectieuses
La multiplication des échanges internationaux, les modifications de l’environnement par l’homme (déforestation, barrages, etc.), l’urbanisation mal planifiée (absence de systèmes d’assainissement notamment), l’expansion démographique, les déplacements de population lors de conflits, les famines, l’absence d’infrastructures de santé pérennes dans de nombreux pays, favorisent l’expansion des maladies infectieuses.

Les voyageurs, en particulier ceux - de plus en plus nombreux - à partir hors d’Europe et d’Amérique du Nord, sont les premiers touchés par cette expansion… et sont autant de vecteurs de transmission de maladies. La prévention santé en voyage est donc primordiale pour partir l’esprit tranquille et minimiser les risques de propagation des maladies infectieuses.

L'impact global des maladies infectieuses : quelques exemples-clés
Le sida provoque 3 millions de morts par an, ce qui condamne de nombreux enfants à l’orphelinat, et le VIH infecte près de 5 millions de personnes chaque année. En termes d’impact économique, un pays comptant plus de 20% de séropositifs dans sa population subit une baisse annuelle de 1% de son PIB, selon l’Organisation mondiale de la santé, un chiffre évalué à 2,6% par l’Onusida.

Le paludisme est quant à lui responsable de 500 millions de cas par an dans le monde et de 1 à 3 millions de décès annuels. Toutes les 30 secondes, un enfant meurt de cette infection en Afrique, qui reste le continent le plus touché. Cette maladie infectieuse aggrave sa situation économique par une baisse de la productivité et détériore sa stabilité sociale. Ainsi, son coût annuel sur ce continent serait de 12 milliards de dollars par an d’après le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Quel serait l’impact d’une pandémie de grippe aviaire si elle survenait ? Au niveau international, d’après la Banque Mondiale, une pandémie de niveau léger réduirait la production de près de 1 % du PIB, une poussée modérée de plus de 2 % et une pandémie grave de près de 5 %, ce qui entraînerait une grave récession économique

Les maladies infectieuses ont également un impact économique dans les pays industrialisés. En France par exemple, la grippe provoque chaque année – d’après le Groupe d’étude et d’information sur la grippe – un surcoût annuel de 230 à 840 millions d’euros, selon l’intensité de l’épidémie, en termes de dépenses d’Assurance Maladie (consultations, médicaments, arrêts maladie, hospitalisations). Sans compter le coût des pertes de production liées à l’absentéisme au sein des entreprises….

Quelques recherches en cours sur les maladies infectieuses à l'Institut Pasteur.

 Paludisme
Un à trois millions de morts et 500 millions de cas par an dans le monde : le paludisme est dans le top 3 des maladies infectieuses les plus meurtrières avec la tuberculose et le sida.
Sept laboratoires à l’Institut Pasteur, en liaison avec des instituts du Réseau International des Instituts Pasteur, notamment ceux de Dakar et de Madagascar, sont focalisés sur cette grave infection parasitaire. Un accord a récemment été signé avec un industriel pour le développement de candidats-vaccins issus de la recherche pasteurienne. Parallèlement, on cherche les moyens de prévenir les formes graves du paludisme, comme le neuropaludisme ou le paludisme gestationnel. Et à découvrir ce qui, dans la salive du moustique, facilite la transmission du parasite.

 Dengue
Deuxième cause d'états fébriles chez les Français au retour de voyage, la dengue touche entre 60 et 100 millions de personnes chaque année dans le monde. Cette fièvre virale transmise par des moustiques est en pleine émergence sous sa forme hémorragique, qui peut être mortelle. Les cas graves se développent en Amérique Latine et en Asie. Il n’existe aujourd’hui ni traitement ni vaccin contre cette infection.
Plusieurs laboratoires à l’Institut Pasteur à Paris, où un candidat-vaccin est à l’essai chez l’animal, et dans le Réseau International, de la Guyane au Cambodge, tentent de mieux comprendre la maladie. Des études de génétique humaine en cours sur des cohortes de patients en Thaïlande pourraient dévoiler de nouvelles cibles thérapeutiques.

 Chikungunya
L’infection par le virus chikungunya a été très peu étudiée et son incidence dans le monde est mal connue. On sait qu’elle affecte plusieurs pays d’Afrique et d’Asie, et l’océan Indien depuis 2005. En 2007, une épidémie de grande ampleur a touché l’Inde (deux millions de cas suspects). L’Europe a de plus été atteinte, la région de Ravenne en Italie ayant connu en fin d’été une flambée épidémique.
Depuis janvier 2006, un vaste programme de recherche sur le virus chikungunya et la maladie qu’il provoque a été lancé à l’Institut Pasteur : il réunit une douzaine d’équipes, travaillant sur tous les aspects de l’infection, dont la pathogenèse, la transmission mère-enfant ou encore l’étude du moustique vecteur. De récentes avancées ont permis d’identifier des cellules cibles de l’infection et de montrer qu’une mutation du virus pendant l’épidémie dans l’océan Indien a modifié l’adaptation du « nouveau» virus à Aedes albopictus, facilitant sa transmission du moustique à l’homme.

 Sida
Après la découverte des virus VIH-1 et VIH-2 en 1983 et 1985 à l’Institut Pasteur, qui a permis la mise au point des tests diagnostiques indispensables au contrôle de l’infection, celui-ci est toujours fortement mobilisé. Dix pour cent de son budget est dédié aux recherches sur le VIH/sida, qui sont une priorité pour l’institut. De nombreux laboratoires se consacrent à ces recherches, des travaux les plus fondamentaux à la recherche appliquée : prévention de la transmission mère-enfant, immunothérapie, développement de candidats-vaccins… Rappelons que le sida est la plus meurtrière des maladies infectieuses, avec 40 millions d’individus infectés et 3 millions de morts par an.

 Grippe aviaire
De nouvelles stratégies vaccinales contre le virus H5N1 sont évaluées à travers un programme de recherche réunissant plusieurs équipes de l’Institut Pasteur à Paris, lancé début 2006. Par ailleurs, le Centre National de Référence pour la grippe (France-Nord), également Centre collaborateur de l’OMS, et la Cellule d’Intervention Biologique d’Urgence situés à l’Institut Pasteur, sont très impliqués à l’échelon national et international dans la préparation contre une éventuelle pandémie grippale.
Parallèlement, la surveillance et la recherche s’organisent sur les lieux de la menace, en Asie, à travers le réseau RESPARI qui implique les différents Instituts Pasteur du continent asiatique sur le thème des maladies respiratoires.

 Tuberculose
L'OMS estime qu'entre 2000 et 2020, près d'un milliard de personnes seront nouvellement infectées par la tuberculose dans le monde, et que 200 millions d'entre elles développeront la maladie, dont 35 millions mourront si aucune amélioration n'est apportée dans le contrôle de cette infection. En France aujourd’hui, plus de 5 000 nouveaux cas de tuberculose sont diagnostiqués chaque année. La maladie tue 2 millions de personnes annuellement dans le monde.
Là encore, l’Institut Pasteur, qui a mené le séquençage du génome du bacille de la tuberculose obtenu en 1998, est fortement mobilisé. Plusieurs laboratoires se consacrent notamment à l’identification de cibles thérapeutiques ainsi qu’à l’amélioration des tests de diagnostic et des vaccins : sur ce dernier point, de bonnes pistes permettent d’espérer pouvoir développer un vaccin plus efficace que le BCG.

 Méningites
Le Centre National de Référence des méningocoques, bactéries responsables de méningites graves et pouvant provoquer des épidémies, est situé à l’Institut Pasteur à Paris. Chargé de la surveillance de la maladie en France, il est aussi très impliqué dans l’application de nouvelles stratégies vaccinales. Il a par exemple permis une opération menée actuellement en Normandie, où tout un département est vacciné contre une souche très spécifique qui émerge dans la région.
Parallèlement, une plateforme technologique de l’Institut Pasteur à Paris a mis au point des tests de diagnostic rapide sur bandelettes contre les souches de méningocoques qui sévissent dans la « ceinture de la méningite » en Afrique, régulièrement frappée par des épidémies meurtrières. Développés avec le CERMES au Niger, institut du Réseau International des Instituts Pasteur, ces tests utilisables sur le terrain vont faciliter la prise en charge des malades et la surveillance des risques épidémiques dans cette région du monde.

Principales maladies infectieuses étudiées à l'Institut Pasteur
Amibiases / Aspergillose / Botulisme / Cancer du col de l’utérus / Cancer de l’estomac / Candidoses / Charbon(anthrax) / Choléra / Coqueluche / Cryptococcose / Dengue / Diphtérie / Fièvre à virus du Nil Occidental / Fièvre jaune / Fièvres hémorragiques virales / Fièvre typhoïde / Grippe humaine et aviaire / Hépatites B et C / Légionellose / Leucémie à virus HTLV / Leishmanioses / Lèpre / Leptospirose / Listériose / Maladie de Chagas / Maladie de Lyme / Maladie du sommeil / Méningites / Mycoses / Paludisme / Peste / Poliomyélite / Rage / Salmonelloses / Sarcome de Kaposi / Shigellose (dysenterie) / Sida / Sras / Staphylococcies / Toxoplasmose / Tuberculose / Ulcère de Buruli / Ulcères gastriques

 

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(http://www.aidez-pasteur.com)   
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