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Lettre d'information trimestrielle n°63 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

L’INSTITUT PASTEUR AU COEUR DE LA RECHERCHE VACCINALE MONDIALE

 

  

Alice Dautry, Directrice générale de l’Institut Pasteur

Depuis toujours, le nom et la réputation de l’Institut Pasteur sont liés à la découverte et à la mise au point des vaccins.

Son rôle s’arrête là. C’est l’industrie pharmaceutique, ensuite, qui produit en grande quantité les vaccins. Les progrès de la recherche en cancérologie et en immunologie (entre autres) montrent qu'il est désormais possible, par la vaccination, de stimuler nos défenses contre les cellules responsables des tumeurs.

Un nouveau pan de l'histoire de la vaccination est ainsi ouvert, auquel l’Institut Pasteur contribue largement par son effort de recherche.

Une manière de rester fidèle à la recommandation de Louis Pasteur : « La chance ne sourit qu’aux esprits bien préparés. »

 

LA RAGE SOUS SURVEILLANCE

Le virus de la rage est présent dans la salive de l’animal contaminé en fin de maladie. En l’absence de traitement, il entraîne une maladie systématiquement mortelle. Si, en France, celle-ci a été déclarée éradiquée, la vigilance reste de mise…

C’est le plus souvent par morsure ou griffure que se fait la contamination par le virus de la rage. Ce dernier a pour effet de perturber les neurones, notamment ceux qui régulent l’activité cardiaque et la respiration. Après quelques jours à quelques mois d’incubation, la personne infectée développe des troubles variés : difficultés à avaler, manifestations d’anxiété et d’agitation, etc. Les symptômes évoluent vers le coma et la mort, souvent par arrêt respiratoire. Le traitement post-exposition doit être administré avant l’apparition des premiers symptômes. Au nettoyage des plaies sont d’abord associées une antibiothérapie et une prophylaxie antitétanique. Puis vient le traitement spécifique, qui consiste dans la vaccination et, dans certains cas, une sérothérapie antirabique.

  

LA CRAINTE DE VIRUS PLUS INFECTIEUX

Le jeune alsacien Joseph Meister fut sauvé de la rage par Louis Pasteur, alors qu’il avait 9 ans (en 1885).

 

Aucun cas de rage humaine acquise sur le territoire national n’a été rapporté depuis 1924. Mais, depuis 1970, vingt personnes ont contracté le virus à l’étranger et développé la maladie en France. En vingt ans, le nombre de voyageurs traités contre la rage après avoir été mordus a plus que doublé : en 2006, près de 4 300 personnes ont été concernées. Si la rage du renard a été officiellement éliminée du territoire en 2001, des chauves-souris sont régulièrement diagnostiquées positives. En outre, il arrive que des animaux enragés fassent l’objet d’importations illégales.

Plus préoccupant encore : les scientifiques redoutent l’apparition de nouveaux variants viraux présentant une infectiosité bien supérieure, comme c’est le cas actuellement aux Etats-Unis. D’où l’importance de l’action du Centre national de référence de la rage à l’Institut Pasteur, qui assure la surveillance épidémiologique de la maladie et coordonne un vaste réseau de centres de traitement antirabique


Chaque année, la rage est donnée pour responsable de 55 000 décès dans le monde. Un chiffre sans doute sous-estimé, dans la mesure où cette maladie est rarement déclarée en Asie et en Afrique. 30 à 50 % des décès surviennent chez des enfants de moins de quinze ans.

 


Pour sensibiliser les autorités compétentes, la première Journée mondiale contre la rage inaugurée le 8 septembre 2007 sera renouvelée tous les ans.

 

À l’Institut Pasteur, où la vaccination contre la rage fut mise au point par Louis Pasteur à la fin du XIXe siècle, trois laboratoires de recherche se consacrent aujourd’hui à l’étude du virus de la rage et de la maladie mortelle qu’il provoque.

 

  1. Dans le Laboratoire de neuroimmunologie virale de l’Institut Pasteur, dirigé par Monique Lafon, on cherche à comprendre par quel biais le virus de la rage maintient les neurones en vie. Au-delà du problème de la rage, de telles recherches peuvent avoir des applications dans la lutte contre les maladies neurodégénératives.
  2. L’Unité des stratégies antivirales, dirigée par Noël Tordo, recherche des molécules antivirales contre le virus de la rage qui donneraient naissance à de nouveaux traitements.
  3. L’Unité dynamique des lyssavirus et adaptation à l’hôte, dirigée par Hervé Bourhy, étudie les souches virales dans leurs spécificités (renard, chien, chauvesouris…) et leurs évolutions.
 
 
 
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